UEFA - Euro 2016 - France
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Bonnet: "Les joueurs ne sont pas mes amis"

par La rédaction
Anne-Laure-Bonnet

Publié le 6 juin 2016 à 18:45

Journaliste polyglotte chez beIN SPORTS, Anne-Laure Bonnet va suivre l’Euro 2016 auprès d'une sélection italienne qu’elle connaît particulièrement bien. Et après avoir interviewé Zlatan Ibrahimovic en suédois, elle se lance un nouveau défi: "Poser une question en russe !"

Anne-Laure, comment allez-vous vivre l’Euro 2016 ?
Je vais être au quotidien avec l’équipe italienne. J’ai des contacts avec mes anciens collègues de Sky et c’est un peu comme si je retrouvais la famille. Et puis nous ne sommes pas du tout en concurrence et on peut donc échanger des infos naturellement.  Pour les joueurs, c’est pareil. Mis à part quelque petits nouveaux, je les connais tous. Et pour moi, c’est un vrai atout parce que ça permet d’avoir une approche beaucoup plus facile.

Quels joueurs connaissez-vous le mieux ?
Il y avait Marchisio et Verratti mais je connais aussi très bien Buffon, parce qu’il vit avec une ancienne collègue qui présentait la grand-messe footballistique du dimanche. Et aussi El Shaarawy, que j’ai eu l’occasion de voir à Monaco.

Quelle peut-être l’ambition de cette Squadra Azzurra diminuée en France ?
Sur le papier, l’Italie n’a aucune chance. Mais en 2006, personne n’aurait misé un kopeck sur eux. Il faut toujours se méfier des Italiens quand arrive la compétition. Conte a été absous, il est tranquille, et il sait qu’il va récupérer Chelsea derrière. Il  a construit son groupe et on aura peut-être une bonne surprise. Moi, j’y crois !

Quel sera votre programme au quotidien ?
Il y aura des duplex, dès le matin avec l’Espresso, on va aussi parler du mercato, à l’italienne, et de plein d’autres choses. Ça va un peu partir dans tous les sens ! Conte est sévère, donc on n’aura pas un accès génial mais on fera avec et il y aura plein d’histoires à raconter. Et moi, je vais prendre 12 kilos parce que je vais manger des pâtes tous les jours (rires) ! Ils ont une approche très particulière de l’évènement: ils prennent l’Italie et ils l’amènent avec eux ! Ils vont vouloir tout faire à l’italienne.

"C’est dangereux d’enquiquiner une journaliste"

Vous vous exprimez dans plusieurs langues à l’antenne, combien en parlez-vous au total ?
Le français, l’anglais, l’italien, l’espagnol, le portugais, l’allemand, que je maitrise le moins, et là je me suis mis au russe. Et je crois que mon boss a voulu me faire un petit cadeau empoisonné en me mettant sur un match de la Russie ! Le défi de cet Euro, c’est de poser une question en russe ! J’ai commencé il y a deux mois donc il va falloir être gentil…

Comment procédez-vous pour apprendre cette nouvelle langue ?
J’ai une super prof de russe que je vois 1h30 par semaine. Peut-être que je suis restée très scolaire mais je fais mes devoirs, et j’adore ça ! J’écris et dès que j’ai la possibilité de le faire, je parle. Sur mon dernier Grand Prix de F1, je suis allée voir des Russes et j’ai parlé avec eux. Ils me regardaient avec des grands yeux et je ne suis pas sûr qu’ils aient tout compris mais ce n’est pas grave ! Mon dernier défi, c’était de parler suédois à Zlatan. J’ai réussi à caser deux phrases !

On évoque souvent le machisme ou la misogynie du monde du football. L'avez-vous déjà ressenti ?
Certaines consœurs qui suivent la politique ont eu plus de problèmes que moi… Personnellement, je n’ai jamais vraiment été touchée. Je trouve que ça vient plus de la part des confrères, avec le regard un peu de travers sur le thème: «Mais qu’est-ce qu’elle fait là cette gonzesse ?» C’est plus ça que les joueurs, qui savent que c’est dangereux d’enquiquiner une journaliste. Tu prends des risques ! Surtout quand elle a mauvais caractère comme moi… Et puis ce ne sont pas mes amis. J’ai très peu de contacts en dehors du travail, c’est quelque chose que je me suis imposée. Pas de mélange des genres, c’est trop dangereux.